SEKRI VALENTIN ZERROUK

Avec l'arrivée des lunettes connectées au bureau "trois chantiers s'imposent"

Alors que les lunettes connectées surgissent dans le monde du travail, Emilie Meridjen, avocate en droit social, s'interroge sur les leviers d'actions pour les employeurs.

Micro et caméra dissimulé dans une monture ordinaire, activables d’un mot ou d’un geste : les lunettes connectées ne sont plus un gadget, elles s’invitent déjà au travail.  La Cnil l’a rappelé le 11 mai 2025 en annonçant un plan d’action consacré : ce dispositif « constitue un nouveau défi pour la vie privée ».  Pour les directions juridiques et les DRH, la question n’est plus de savoir si le sujet se posera, mais quand et avec quels outils y faire face, alors qu’aucun texte ne l’encadre spécifiquement.

 

Sur le terrain civil d’abord, le port de ces lunettes par un salarié expose au grief d’une surveillance illicite : l’article 9 du Code civil protège le droit à l’image, et la Cnil sanctionne de façon constante les dispositifs de surveillance diffuse ou disproportionnée.

 

Le risque probatoire s’est par ailleurs recomposé depuis le revirement de l’Assemblée plénière du 22 décembre 2023, qui a substitué à l’exclusion automatique des preuves déloyales un contrôle de proportionnalité : un enregistrement réalisé par un salarié avec ses lunettes pourrait, dans certaines circonstances, être produit en justice malgré son caractère clandestin.

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